Je n’ai rien, trois fois rien pour m’arrêter là, pour nous arrêter là. J’ai quelques puérilités, un ou deux rêves brisés, une certaine dose de réalité. J’ai la lucidité de ce qui ne va pas mais la conscience que ça n’est pas si important. Ca le serait encore moins si moi, je n’y attachais pas d’importance : comment t’expliquer ou pire, t’en vouloir que tout ne soit pas parfait si je recherche l’imperfection, si j’attends de toi que tu échoues pour me sentir moins seul dans ce cas, pour me sentir en mesure de te relever ? Comment te dire ce que, moi-même, je ne peux pas analyser correctement ?
J’ai envie que tu te blesses, comme ça je pourrais te soigner ; que tu saignes, pour que je puisse t’aider à cicatriser. J’ai envie de tes peurs, pour te rassurer, et qu’en toi quelque chose meure, quelque chose que je sois le seul à pouvoir ressusciter. J’ai envie que tu cries pour m’entendre crier plus fort, j’ai envie que tu pleures pour pouvoir pleurer encore. J’ai envie de ton absence, parce que la distance serait alors insupportable, j’ai envie de tes silences parce que les réponses, tu ne les as pas.
J’ai eu mille raisons de te haïr, je n’en ai qu’une pour t’aimer encore : tu m’as rendu heureuse. Tu n’es pas l’enfer : tu es juste trop proche du paradis. Surtout maintenant...